Un déménagement peut bousculer les repères de votre chien et susciter des comportements inattendus, comme la fugue, ce qui inquiète de nombreux propriétaires désireux de protéger leur compagnon lors d’un changement de domicile.
Un changement d’environnement soudain, de nouvelles odeurs et la perte des repères habituels peuvent effectivement être un facteur déclencheur de fugue chez votre animal. Pour éviter cela, il est essentiel d’anticiper et de sécuriser l’arrivée dans le nouveau lieu, en conservant autant que possible les routines et objets familiers de votre chien, tout en l’aidant à s’adapter progressivement. En adoptant quelques mesures simples dès la préparation du déménagement, vous préservez à la fois son bien-être et sa sécurité.
Découvrez dans la suite de cet article toutes les clés pour comprendre pourquoi un déménagement peut-il provoquer la fugue d’un chien et surtout, comment prévenir efficacement ce risque lorsque l’on s’apprête à changer de vie ensemble.
Pourquoi un déménagement peut-il déclencher la fugue d’un chien ?
Un déménagement constitue un bouleversement majeur pour le chien. Habitué à ses repères (lieux, odeurs, bruits, routines), il se retrouve face à un environnement totalement inconnu du jour au lendemain. Chez beaucoup de chiens, ce profond changement crée une insécurité et une anxiété qui peuvent être à l’origine de comportements de fuite.
Les études comportementales montrent que la majorité des fugues consécutives à un déménagement surviennent dans les premiers jours suivant l’arrivée dans la nouvelle habitation, période où l’adaptation est la plus délicate (« Comprendre le comportement du chien ». Dehasse, 2017). En effet, le chien va naturellement chercher à retrouver son ancien territoire ou à fuir une situation stressante qu’il ne maîtrise pas.
Par ailleurs, lors du déménagement, les propriétaires sont souvent absorbés par l’organisation matérielle. Cet état de tension n’échappe pas à l’animal, hyper-sensible à l’émotion de ses maîtres. Les modifications dans la disponibilité affective et la routine aggravent la sensation de perte de contrôle chez le chien, renforçant son besoin d’évasion.
Quels chiens sont les plus à risque de fuguer après un déménagement ?
Chaque chien réagit différemment à un déménagement selon son tempérament, son histoire et sa stabilité émotionnelle. Néanmoins, certains profils s’avèrent plus vulnérables :
- Chiens anxieux ou ayant déjà montré des réactions de stress lors de changements antérieurs.
- Chiens récemment adoptés (refuge, association…), pour qui l’attachement n’est pas encore consolidé.
- Chiens âgés qui supportent mal la nouveauté et dont les routines sont essentielles à l’équilibre.
Pour ces chiens, le risque de fugue est accru. Il est donc crucial d’adapter la prévention à la personnalité de votre compagnon.
Mécanismes comportementaux et repères sensoriels
Le chien évolue dans le monde principalement grâce à ses repères olfactifs et visuels. Un déménagement efface brutalement ses marques familières, ce qui provoque une déstabilisation profonde (Bradshaw, « Le comportement du chien expliqué », 2019). De plus, il peut vouloir retrouver l’ancien domicile si la distance le permet, agissant alors par instinct de retour au territoire.
Il faut donc considérer que la fugue n’est pas une volonté de “désobéir”, mais une réponse instinctive à un malaise ou à une perte de repères essentiels à son équilibre.
Tableau récapitulatif : Facteurs favorisant la fugue lors d’un déménagement
| Facteur | Explication |
|---|---|
| Perte des repères olfactifs/visuels | Changement abrupt d’environnement déclenchant l’anxiété |
| Routine bouleversée | Repas, promenades, interactions modifiées ou inexistantes |
| État émotionnel du maître | Le chien absorbe l’anxiété du foyer, renforçant la sienne |
| Manque de surveillance initiale | Portes ouvertes, jardin mal clôturé, fenêtre accessible |
Prévenir la fugue de son chien lors d’un déménagement
Anticiper et préparer le changement
La première étape pour désamorcer le risque de fugue consiste à préparer le chien en amont. Si possible, faites-lui visiter N nouveaux lieux à l’avance, en laissant le temps d’explorer leur futur espace de vie, même quelques minutes à la fois. Apporter ses jouets, coussins ou objets favoris permet de reconstituer une “bulle” rassurante au sein du nouvel environnement.
Préserver les rituels malgré le déménagement
Poursuivre les habitudes du quotidien (lieu de repas, heures de promenade, jeux) offre des points d’appui concrets au chien pendant la phase de transition. Une stabilité des routines nourrit son sentiment de sécurité – c’est une recommandation partagée par les principaux spécialistes du comportement canin (Dehasse, 2017).
Si vous devez vous absenter pour organiser votre installation, faites garder votre chien par une personne et un lieu qu’il connaît déjà. Cela limite la brusque accumulation de nouveautés.
Sécuriser le nouveau domicile : priorité à la vigilance
Durant les premiers jours, voire semaines, inspectez les extérieurs de votre logement : clôtures, portillons, accès à la rue. N’hésitez pas à ajouter des obstacles ou des systèmes de fermeture temporaire. Surveillez les ouvertures lors des manipulations de meubles et cartons.
En promenade, privilégiez le harnais et la laisse, même dans un jardin clos, jusqu’à ce que vous constatiez que votre chien se sent à l’aise et ne montre pas de comportement de recherche de sortie. Gardez son identification (médaillon, puce électronique) à jour : en cas de fugue, ces éléments seront précieux.
Aider son chien à s’adapter émotionnellement
Un maître serein rassurera son animal. Prendre du temps pour câliner, jouer ou proposer des jeux d’occupation favorise la création de nouveaux repères positifs. Il est également conseillé d’utiliser des phéromones apaisantes (type diffuseurs Adaptil), recommandées par de nombreux vétérinaires comportementalistes, pour soutenir l’apaisement du chien dans la nouvelle maison (« Manuel de médecine comportementale du chien et du chat », Landsberg, Hunthausen, Ackerman, 2013).
Quand consulter un professionnel ?
Si malgré toutes ces précautions, votre chien montre des signes d’abattement, de stress marqué ou tente de s’échapper à répétition, il ne faut pas hésiter à consulter rapidement un vétérinaire ou un comportementaliste. Leur expertise permet de détecter les signes précoces d’un trouble de l’adaptation et d’éviter que la situation ne dégénère.
Dans certains cas, un accompagnement personnalisé (thérapie comportementale, conseils adaptés) fera toute la différence et vous aidera à restaurer une relation sereine dans votre nouveau foyer.
Pour aller plus loin : check-list pratique
- Visitez le futur domicile avec votre chien, si possible avant l’emménagement.
- Gardez ses objets habituels (coussin, jouets…) accessibles dès le premier jour.
- Maintenez autant que possible ses horaires de repas et sorties.
- Sécurisez fenêtres, portes, clôtures pour limiter tout risque de fugue.
- Misez sur l’identification et préparez une photo récente de votre chien, en cas de perte.
Sources utilisées
- Source interne : Ouvrages vétérinaires / comportement canin
- Comprendre le comportement du chien, Thierry Dehasse, 2017
- Le comportement du chien expliqué, John Bradshaw, 2019
- Manuel de médecine comportementale du chien et du chat, Landsberg, Hunthausen, Ackerman, 2013
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