Votre chien prend la poudre d’escampette dès qu’il sent la trace d’un animal sauvage ? Face à ce comportement, beaucoup de propriétaires se sentent désemparés et craignent pour la sécurité de leur compagnon comme de la faune environnante.
Que faire si mon chien fugue pour chasser des animaux sauvages ? Pour limiter la fugue et le comportement de prédation, il est essentiel de comprendre l’origine de cette envie irrépressible de chasse, puis de mettre en place des mesures éducatives adaptées tout en assurant la sécurité du chien par des moyens concrets (rappel renforcé, clôture, enrichissement du quotidien). Des techniques d’éducation positive associées à la gestion de l’environnement sont souvent la clé pour retrouver des promenades sereines.
Poursuivez votre lecture pour découvrir, étape par étape, comment identifier les causes de la fugue, instaurer un programme éducatif efficace et protéger durablement votre chien tout en respectant son instinct naturel.
Comprendre pourquoi un chien fugue pour chasser : l’instinct de prédation
Avant de mettre en place des solutions, il est indispensable de comprendre l’origine du comportement de chasse chez le chien fugueur. La fugue motivée par la poursuite d’animaux sauvages s’ancre dans un instinct de prédation hérité de ses ancêtres loups. Ce comportement est plus ou moins marqué selon la race (chiens courants, terriers, bergers, etc.) et l’individu. Plusieurs facteurs influencent la survenue de ces fugues :
- Un fort instinct de chasse lié à la sélection génétique
- Un manque de stimulation physique et mentale au quotidien
- Le stress, l’ennui, ou une mauvaise gestion de l’environnement
Un chien qui n’a pas suffisamment l’occasion de satisfaire ses besoins naturels de dépense et d’exploration peut détourner son énergie vers la poursuite et la chasse spontanée de proies (lapins, chevreuils, oiseaux…). Ce comportement, décrit dans l’ouvrage de référence “The Domestic Dog” (Serpell, 2017), nécessite une approche éducative, combinée à une modification de l’environnement pour être durablement limité.
Identifier et anticiper les déclencheurs de fugue
Pour agir efficacement, il faut apprendre à repérer quand et comment votre chien fugue. Observez les signaux d’alerte : agitation, posture d’arrêt, oreilles dressées, fixation sur une odeur ou un mouvement. Notez également le contexte (horaires, lieux, stimulations, météo…). Un tableau récapitulatif peut vous aider à structurer ces observations :
| Déclencheur | Comportement du chien | Contexte |
|---|---|---|
| Odeur ou vue d’un animal | Fixation, immobilité, excitation | Forêt, champs, autour des haies |
| Manque d’activité | Agitation, tour dans le jardin, grattage de la clôture | Jours de repos, absence de balades longues |
| Stress/Ennui | Fugue régulière, recherche de stimulations | Absences prolongées du maître |
Cette analyse fine permet de personnaliser votre stratégie éducative et d’anticiper les situations à risque.
Mettre en place des solutions concrètes pour limiter la fugue
1. Sécuriser votre environnement
La première étape, souvent indispensable, consiste à empêcher physiquement la fugue. Pour la sécurité du chien comme pour celle de la faune sauvage, plusieurs mesures s’imposent :
- Vérifiez la hauteur et la solidité des clôtures.
- Enterrez la base sur 30-40 cm pour éviter le creusage.
- Portez une attention particulière aux portails, grillages et portes secondaires.
Pour les maîtres sans jardin clos, la promenade en longe (ligne de 10 à 20 m) permet un compromis entre liberté et contrôle. Selon la Société Centrale Canine, il est préférable de choisir une longe légère et de bonne qualité pour éviter tout accident.
2. Travailler le rappel : la clef d’une balade sécurisée
Le rappel solide est la pierre angulaire de la gestion de la fugue. L’idéal est de préférer une éducation positive, basée sur la motivation de revenir plutôt que sur la punition. Voici les étapes à suivre :
- Commencer dans un environnement sans distractions.
- Utiliser une récompense de forte valeur (friandise irrésistible, jouet favori).
- Appeler le chien d’une voix joyeuse, associer le rappel à un mot précis.
- Renforcer progressivement la difficulté (environnements de plus en plus stimulants).
Selon l’ouvrage “Life Skills for Puppies” (Helen Zulch, 2015), il est essentiel d’éviter les punitions lors du retour car cela risquerait d’associer rappel et expérience négative.
3. Proposer des alternatives à la prédation
Un chien doit pouvoir exprimer ses comportements naturels, sous peine de voir la frustration exploser. Pour “canaliser” l’instinct de prédation, on recommande :
- Des jeux de pistage et de recherche (cacher des friandises au jardin ou à la maison).
- Des jouets distributeurs ou d’occupation, pour stimuler le mental.
Il existe aussi des activités sportives adaptées, comme le canicross ou le mantrailing (recherche de personnes), qui dirigent sainement l’énergie du chien.
Adopter une stratégie éducative positive et progressive
Le mot d’ordre : progressivité. Inutile de confronter d’emblée votre chien à tous les déclencheurs possibles. L’objectif est de renforcer petit à petit le contrôle et la confiance :
- Commencez par des séances courtes, faciles et toujours réussies.
- Augmentez progressivement la tentation (ex. animaux sur de grandes distances).
- Restez cohérent et patient : la persévérance est la clé du succès, selon la littérature vétérinaire (Lore Pitman, 2021).
Pour les situations complexes (chiens de chasse ou fugueurs chroniques), il peut être judicieux de se faire accompagner par un éducateur canin certifié possédant une expertise en gestion de l’instinct de prédation.
Quand la fugue pour la chasse devient un problème de santé
Au-delà des désagréments pratiques, la fugue peut occasionner des blessures, collisions routières, intoxications ou confrontations dangereuses avec la faune sauvage (chiens blessés par des sangliers, contamination par des parasites…). De plus, la chasse excessive témoigne parfois d’un état de stress chronique ou d’un défaut de bien-être, mentionné dans le rapport scientifique “Dog Behaviour, Evolution, and Cognition” (Miklósi, 2014).
Veillez à consulter rapidement un vétérinaire ou un expert en comportement si votre compagnon présente :
- Des signes d’anxiété persistante
- Des fugues répétées malgré les mesures éducatives
- Des symptômes physiques inexpliqués après une fugue
Un bilan santé ou comportemental approfondi permet d’écarter tout problème médical ou d’adapter au mieux votre prise en charge.
Résumé des actions à mener si votre chien fugue pour chasser
| Action | Intérêt |
|---|---|
| Sécuriser le jardin (clôture, longe) | Empêcher les fugues & garantir la sécurité |
| Renforcer le rappel | Limiter l’attrait de la chasse spontanée |
| Proposer des activités de substitution | Satisfaire les besoins comportementaux du chien |
| Travailler avec un éducateur si besoin | Adapter l’approche aux cas résistants ou complexes |
| Consulter le vétérinaire en cas de doute | Écarter un trouble de santé ou un mal-être profond |
Sources utilisées
- Serpell, J. (2017). The Domestic Dog: Its Evolution, Behavior and Interactions with People, 2nd Edition.
- Zulch, H., & Mills, D. (2015). Life Skills for Puppies: Laying the Foundation for a Loving, Lasting Relationship.
- Miklósi, Á. (2014). Dog Behaviour, Evolution, and Cognition, 2nd Edition.
- Source interne : Ouvrages vétérinaires et manuels de comportement canin.
- https://www.centrale-canine.fr
- Observations de terrain recueillies par biennourrirsonchien.com






