Face à la question : La race de mon chien joue-t-elle sur la fugue ?, de nombreux maîtres s’inquiètent de voir leur compagnon prendre la poudre d’escampette dès qu’il en a l’occasion.
Oui, certaines races de chiens sont effectivement plus prédisposées à la fugue que d’autres, principalement à cause de leur instinct, de leur tempérament ou de leur histoire de sélection génétique. Les chiens de chasse, de troupeau ou très actifs possèdent par exemple un besoin naturel d’exploration, ce qui peut les pousser davantage à tenter l’aventure hors du foyer. Cependant, une bonne prévention et un travail d’éducation adaptés à la race et au profil de votre chien permettent de fortement réduire ce risque.
Dans la suite de cet article, découvrez quelles races sont les plus concernées par la fugue, pourquoi certaines ont ce besoin d’évasion et comment adapter la prévention pour garantir la sécurité de votre chien.
Races de chiens et prédisposition à la fugue : ce que dit la science
Certaines races de chiens sont effectivement plus encline à la fugue que d’autres. Cela s’explique par l’instinct de chasse, le besoin d’exploration ou encore le tempérament dont elles ont hérité à travers la sélection génétique. Les recherches en comportement animal démontrent que des lignées comme les Braques, Beagles, Huskies ou Border Collies possèdent un instinct de poursuite ou d’exploration très développé (W.Campbell, The Behaviour Problems of the Dog, 1990).
À l’inverse, certaines races, comme les Bouledogues ou les Cavalier King Charles, sont d’un naturel plus calme et attaché à leur foyer. Cela ne signifie pas qu’elles ne fuient jamais, mais les risques sont statistiquement moindres, surtout si leurs besoins émotionnels et physiques sont couverts.
Tableau récapitulatif : Prédisposition à la fugue selon les groupes de races
| Groupe de race | Prédisposition à la fugue | Exemples | Explications |
|---|---|---|---|
| Chien de chasse | Élevée | Beagle, Braque, Fox-terrier | Instinct de poursuite, odorat développé, recherche d’aventure |
| Chien de traîneau | Élevée | Husky sibérien, Malamute | Besoin de parcourir de grandes distances, énergie débordante |
| Chien de berger | Moyenne à élevée | Border Collie, Berger Australien | Travailleur, besoin de stimulation mentale et physique |
| Chien d’agrément | Faible | Bouledogue, Cavalier King Charles | Attachement au foyer, tempérament posé |
Ce tableau dévoile d’un coup d’œil pourquoi la notion de « race » a un impact réel sur la tendance à fuguer – même s’il faut toujours garder à l’esprit que chaque individu, quel que soit son pedigree, possède sa propre personnalité.
Pourquoi certaines races fuient-elles plus que d’autres ?
Le comportement de fugue prend racine dans plusieurs dimensions : l’instinct primaire, l’histoire de sélection, le niveau d’activité et les besoins mentaux.
1. Instinct de chasse et de poursuite
Les chiens du groupe 6 (chiens courants et de recherche au sang) ou du groupe 5 (chiens primitifs, nordiques) ont été sélectionnés durant des générations pour leur capacité à suivre une piste ou à courir longtemps. Quand un Beagle ou un Husky flaire une odeur, son instinct peut surpasser la consigne du rappel. Ce phénomène est parfaitement connu en éthologie canine (The Domestic Dog, J. Serpell, 2016).
2. Besoin d’exercice et de stimulation mentale
Les chiens au tempérament très énergique, comme les Border Collies, ont besoin d’une activité quotidienne conséquente. Sans cela, ils développent des comportements compensatoires, dont la fugue peut faire partie (Karen Overall, Manual of Clinical Behavioral Medicine for Dogs and Cats).
3. Proximité avec l’humain et tempérament
Inversement, certaines races ont été créées pour vivre très proches des humains. Les chiens de compagnie, de type « molossoïde » ou miniatures, possèdent une forte propension à l’attachement, réduisant leur envie de partir à l’aventure.
Prévention adaptée : Quels leviers selon la race ?
L’anticipation reste la clé pour limiter voire supprimer la fugue chez le chien. Toutefois, les stratégies diffèrent d’un profil à l’autre.
Chiens de chasse, nordiques ou bergers : privilégier l’activité
Pour ces races, le secret est d’investir sur une dépense physique et mentale quotidienne : longues promenades, jeux de pistage, entraînements, agility, éducation positive – tout doit être mis en œuvre pour canaliser leur énergie et leur offrir des occasions contrôlées de satisfaire leur instinct.
Races d’agrément ou moins actives : renforcer le lien, éviter l’ennui
Si vous possédez un chien d’appartement ou de faible énergie, l’important est de garder un environnement enrichi : présence humaine fréquente, jeux d’occupation, rituels quotidiens. Pour ces chiens, la fugue est souvent liée à l’ennui ou à l’angoisse de séparation.
Conseil transversal : la prévention physique et l’éducation
- Vérifiez régulièrement les clôtures et limites de votre terrain
- Apprenez un rappel fiable même en présence de distractions
- Envisagez la stérilisation, qui limite parfois l’errance liée à la recherche d’un partenaire
À tout âge, l’éducation et la relation de confiance sont le meilleur rempart contre l’appel du large, peu importe la race. L’éthologie et les retours de terrain montrent d’ailleurs que la prévention et l’enrichissement de l’environnement sont plus efficaces à long terme que les punitions (Canine Behaviour, A. Hubrecht, 2017).
Quid des chiens croisés ou issus de plusieurs lignées ?
Il n’est pas rare d’adopter ou d’élever un chien dont le bagage génétique mélange deux ou plusieurs races. Dans ce cas, il est conseillé d’observer attentivement le tempérament individuel de l’animal. Les chiens croisés peuvent hériter de l’instinct fugueur de l’un ou l’autre parent. La clé est d’analyser ses réactions face aux stimuli naturels (faune, odeurs, bruits) et d’ajuster en conséquence l’organisation de son quotidien.
Le mot de l’expert : race, tempérament et contexte de vie
Pour prévenir efficacement la fugue, il est crucial de bien connaître non seulement la race de son chien, mais aussi son tempérament et l’environnement dans lequel il évolue. Même un chien prédisposé à l’aventure peut rester fidèle à la maison si ses besoins sont respectés au quotidien. Enfin, chaque histoire de fugue révèle, au fond, le désir du chien de satisfaire un besoin naturel — à nous de le comprendre et d’y répondre, avec respect et bienveillance.
Sources utilisées :
- Serpell, J. (2016). The Domestic Dog: Its Evolution, Behavior and Interactions with People.
- Campbell, W. (1990). The Behaviour Problems of the Dog.
- Overall, K.L. (2013). Manual of Clinical Behavioral Medicine for Dogs and Cats.
- Hubrecht, A. (2017). Canine Behaviour: Insights and Answers.
- Source interne : Ouvrages vétérinaires / comportement canin






