La fugue du chien peut-elle vraiment venir d’un traumatisme passé



Voir son chien fuguer sans raison apparente plonge bien des maîtres dans une inquiétude profonde, d’autant plus quand ce comportement semble inexplicable ou soudain.




Oui, la fugue du chien peut-elle être due à un traumatisme passé : un événement marquant, une peur intense ou même un abandon antérieur sont parfois à l’origine de comportements de fuite. Un chien marqué par un traumatisme peut chercher à s’éloigner de ce qui lui rappelle son malaise, même dans un environnement aimant. Identifier la cause profonde de la fugue par une observation attentive et, si besoin, l’accompagnement d’un vétérinaire comportementaliste est essentiel pour aider le chien à retrouver sécurité et sérénité.








Dans la suite de cet article, nous explorerons en détail les mécanismes psychologiques à l’œuvre, les signes révélateurs de traumatismes et les solutions concrètes pour aider un chien fugueur à surmonter ses peurs.










Quand un traumatisme passé peut déclencher la fugue chez le chien




Comprendre si la fugue du chien est liée à un traumatisme auparavant vécu suppose d’abord d’explorer les grands types de traumatismes susceptibles de fragiliser l’équilibre émotionnel du chien. Un choc émotionnel, lié par exemple à une séparation précoce, des expériences douloureuses (maltraitance, abandon), ou un brusque changement d’environnement, peut influencer durablement le comportement d’un animal même des mois ou des années plus tard (Lindsay, “Handbook of Applied Dog Behavior”, 2000).




Face à des situations qu’il associe à ce traumatisme (objet, personne, bruit, lieu…), le chien peut être gagné par l’anxiété. Fuir devient alors, pour lui, un moyen instinctif d’échapper au malaise ressenti, même si son foyer actuel est sécurisant. Cette analyse comportementale est partagée par la plupart des spécialistes en comportement canin (Fogel, “The Dog’s Mind”, 2002), soulignant ainsi la nécessité d’identifier et de prendre en charge la blessure émotionnelle d’origine.






Les signes révélateurs : comment repérer un traumatisme responsable de la fugue ?




Tous les chiens fugueurs ne sont pas nécessairement victimes d’un trouble émotionnel. Toutefois, certains signaux doivent alerter les propriétaires :





  • Apparition soudaines de comportements de fuite, sans événement externe évident


  • Hypervigilance ou réactions excessives à certains stimuli (bruit, voix, objets)


  • Difficultés à rester seul ou en présence de certaines personnes/animaux


  • Troubles du sommeil, de l’alimentation, ou signes d’anxiété (halètements, gémissements, destruction)




On note parfois une corrélation entre le profil du chien (chien adopté ou réformé, chiot séparé trop tôt de sa mère, animal rescapé de maltraitance) et la survenue de fugues répétées ou inexpliquées. Il est donc crucial pour tout maître concerné d’observer l’ensemble du contexte de vie du chien, et pas seulement l’apparition de la fugue en elle-même (source : Sources internes : Ouvrages vétérinaires comportement canin).






Tableau récapitulatif des signes de traumatisme / fugue



















Signes physiologiquesSignes comportementauxCorrélation possible avec la fugue
Troubles digestifs, troubles du sommeilÉvitement, peurs subites, aboiements répétésFugue lorsque le chien se sent menacé dans son environnement
Hyperactivité ou apathie marquéeDifficulté à supporter la solitude, auto-mutilation légère (léchage excessif)Part à la recherche d’un lieu “sûr” ou d’une échappatoire





Comprendre les mécanismes psychologiques derrière la fuite




Derrière chaque fugue d’origine émotionnelle se cache un processus complexe, où la mémoire associative occupe une place prépondérante. Selon le célèbre vétérinaire J. Bradshaw (“The Behaviour of the Domestic Dog”, 2017), un chien traumatisé aura tendance à relier une expérience passée douloureuse à des objets ou personnes dans son quotidien. Ce système d’association peut être si puissant qu’un bruit, une odeur ou un simple geste suffit à déclencher une peur panique, poussant le chien à fuir le plus loin possible.




La fugue devient alors un réflexe de protection contre un potentiel “danger”, même s’il n’est plus réel aujourd’hui. Cette dynamique explique pourquoi certains chiens semblent incapables de se détacher d’un passé difficile, malgré tout l’amour de leurs maîtres actuels. L’intervention d’un vétérinaire comportementaliste est dans ce cas souvent incontournable, pour désamorcer les circuits de peur ancrés et restaurer un attachement sécurisant (File : Comportement canin.pdf).







Faire face à la fugue traumatique : solutions concrètes et protocoles adaptés



L’alliance entre éducation respectueuse et intervention spécialisée




La première étape essentielle réside dans l’absence de punition : un chien qui fugue par peur ne doit jamais être sanctionné à son retour. Il s’agit plutôt de renforcer sa confiance grâce à :





  • Des rituels stables, des repères fixes dans l’environnement


  • Des activités de stimulation mentale positives (recherche olfactive, jeux intelligents)




Un travail de désensibilisation progressive est souvent recommandé par les éthologues et vétérinaires, pour réhabituer l’animal à ce qui le met en difficulté (bruits, objets, contextes anxiogènes). Ce processus demande patience et régularité : chaque progrès compte et doit être valorisé.






Quand consulter un expert comportementaliste ?




L’accompagnement par un professionnel formé s’impose dès lors que les stratégies traditionnelles (changement de routine, enrichissement du milieu, sécurisation des espaces extérieurs) ne suffisent pas ou si la fugue s’accompagne de troubles plus profonds (automutilation, aggressivité soudaine, dépression). Un vétérinaire comportementaliste pourra alors vous proposer un programme sur-mesure, parfois associé à une prise en charge médicamenteuse ciblée (recommandations : AFVAC, Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie).




Sachez que des techniques comme le renforcement positif ou l’utilisation de phéromones apaisantes (études : Pageat, 1997) offrent de très bons résultats sur le long terme, en complément d’un accompagnement relationnel fort.






Prévenir les rechutes : conseils pratiques pour le quotidien




Créer un environnement rassurant, multiplier les occasions de promenades de qualité et proposer des temps de partage privilégiés peuvent grandement diminuer les risques de nouvelle fugue.




Pour certains chiens, il est aussi utile d’ajouter des repères visuels ou olfactifs (tapis, coussins, jouets porteurs de l’odeur du maître), et d’éviter les situations ressourçant les souvenirs anxiogènes. Ne pas hésiter à demander l’aide d’un spécialiste dès la moindre inquiétude : agir tôt reste la meilleure façon d’offrir à son chien un avenir serein, même si son passé a été difficile.










Sources utilisées.





  • Lindsay, S. R. (2000). Handbook of Applied Dog Behavior and Training. Iowa State University Press.


  • Fogle, B. (2002). The Dog’s Mind: Understanding Your Dog’s Behavior. Howell Book House.


  • Bradshaw, J. (2017). The Behaviour of the Domestic Dog. Princeton Press.


  • Pageat, P. (1997). Behavioral Disorders of Dogs and Cats. Blackwell Science.


  • AFVAC, Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie. https://www.afvac.com/


  • Source interne : Ouvrages vétérinaires / comportement canin


  • Fichier : Comportement canin.pdf




Publications similaires