Une des plus grandes inquiétudes qui touche les nouveaux maîtres concerne la fugue d’un chien fraîchement arrivé à la maison, avec le risque qu’il disparaisse ou se mette en danger dès ses premiers jours dans son nouveau foyer.
Pour éviter que votre nouveau compagnon ne prenne la fuite, il est essentiel de sécuriser son environnement, d’instaurer dès le début une routine rassurante et de créer rapidement un lien de confiance à travers des activités partagées et un accueil bienveillant. Offrir au chien des repères clairs, éviter de le laisser seul à l’extérieur dans les premières semaines et mettre en place une surveillance adaptée sont les clés pour stopper et prévenir ce comportement de fugue. Le respect du rythme du chien et l’anticipation de ses besoins émotionnels font toute la différence pour bien gérer la fugue chez un chien nouvellement arrivé à la maison.
Dans la suite de cet article, découvrez étape par étape les conseils vétérinaires pour sécuriser l’arrivée de votre chien, comprendre les raisons de la fugue et adopter les bons réflexes dès le premier jour.
Comprendre les causes de la fugue chez un chien nouvellement arrivé
Lorsqu’un chien vient d’intégrer un nouveau foyer, l’un des phénomènes les plus fréquents et déstabilisants, tant pour l’animal que pour ses maîtres, est la fugue. Plusieurs facteurs expliquent ce comportement, souvent lié à la peur, à l’insécurité ou à la recherche d’anciens repères.
Un changement d’environnement bouleverse tous les points de repère habituels du chien : odeurs, personnes, bruits et routine. N’ayant pas encore pu s’attacher à son nouveau foyer, le chien peut être tenté de partir en quête d’un environnement familier ou tout simplement d’échapper à ce qui lui semble inconnu ou menaçant. Cette réaction est particulièrement marquée chez les chiens adoptés en refuge, raisonnant par association d’expériences stressantes passées (Bradshaw, J., Dog Sense, 2011).
Les études vétérinaires montrent également que la peur de l’abandon, l’anxiété de séparation et le manque de stimuli cognitifs peuvent aggraver l’envie de fuguer (Pageat, P., La Relation homme/chien : Comportement et santé, 2017). Identifier ces causes dès les premiers jours permet de mettre en place les mesures les plus adaptées.
Sécuriser l’environnement dès l’arrivée du chien
Sécuriser la maison et le jardin est la toute première étape concrète pour prévenir la fugue. Il s’agit d’empêcher un incident avant même qu’il ne se produise : les chiffres montrent que la majorité des fugues surviennent dans les deux premières semaines d’accueil d’un chien.
Barrières physiques et surveillances adaptées
Vérifiez minutieusement clôtures et portails : aucun trou, aucun espace sous la barrière par lequel le chien pourrait se faufiler. Si vous venez d’accueillir un chiot ou une race de petite taille, surveillez les espaces entre les piquets.
Dans l’idéal, accompagnez toujours le chien lors de ses sorties dans le jardin ou au parc pendant les premières semaines. Utilisez une longe (longue laisse) qui vous laisse le temps d’intervenir tout en permettant au chien d’explorer, sans possibilité de fuite.
Création d’un espace refuge
Proposez au chien un panier ou niche dans un endroit calme, où il pourra se sentir en sécurité. Cet espace, enrichi de quelques jouets et objets familiers (parfumés à votre odeur), réduira l’anxiété liée à la nouveauté et limitera le besoin de chercher un abri ailleurs.
Établir des routines rassurantes dès le début
Dès son arrivée, le chien nouvellement adopté a besoin de repères stables pour se sentir en confiance. Instaurer un emploi du temps prévisible favorise le sentiment de sécurité et limite le stress, grand facteur de fugue (Serpell J., The Domestic Dog, 2017).
- Repas à heures fixes, mêmes lieux et routines
- Sorties régulières, balades encadrées par la longe au départ
- Moments de jeu ou de câlins quotidiens
Un chien ayant des repères fiables cherchera moins à fuir pour se rassurer.
Renforcer le lien de confiance : un levier contre la fugue
Le développement d’un lien de confiance entre le maître et son chien est une protection majeure contre la fugue. Plus le chien ressent une connexion positive avec ses nouveaux humains, moins il sera tenté de s’éloigner.
Proposez des activités interactives : jeux d’intelligence, courtes séances d’éducation positives (“assis”, “rappel”, “reste”), balades calmes dans des environnements peu stimulants au début. L’objectif est que le chien associe chaque instant passé avec vous à une expérience positive et rassurante.
Ne cherchez pas à imposer d’emblée des contacts physiques si le chien est stressé. Respecter son rythme est essentiel pour qu’il construise un attachement sécurisé (Étude du CNRS, 2022).
Gérer les premières sorties : prévention active de la fugue
Les premières promenades sont des moments critiques. Toujours utiliser une laisse solide, voire une longe, même dans les endroits clos où le chien n’a pas encore pris ses marques.
Ne le détachez pas lors des balades tant que le rappel n’est pas parfaitement acquis et que le chien ne montre pas des signes de retour spontané vers vous.
En pratique : privilégiez les courtes sorties, dans un environnement calme, en multipliant les retours positifs (récompenses, caresses, ton de voix doux). De cette manière, le chien associera la promenade à un rituel sécurisant, et non à une opportunité de fuite.
Anticiper et répondre aux situations à risque
Plusieurs situations peuvent représenter un risque accru de fugue, surtout durant la période d’adaptation :
- Présence de femelles en chaleur dans le voisinage (stimule l’instinct de reproduction)
- Bruits soudains, feux d’artifice, invités bruyants
- Absences prolongées des maîtres en journée
Lorsque de tels événements sont prévus, maintenez le chien à l’intérieur dans un espace sûr, fermez tous les accès extérieurs et proposez-lui des occupations pour tromper l’ennui ou l’anxiété.
Alerter, identifier et préparer le retour en cas de fugue
Malgré toutes les précautions, la fugue peut malheureusement se produire. Anticipez en faisant identifier votre chien (puce électronique ou tatouage) et en lui faisant porter une médaille avec vos coordonnées.
Si une fugue survient :
- Ne poursuivez pas le chien en criant, cela peut le faire fuir davantage
- Privilégiez le rappel calme dans les lieux fréquentés et informez rapidement les voisins
- Contactez la fourrière, les vétérinaires, les refuges locaux
Tableau : Premières actions à prendre en cas de fugue
| Action | Pourquoi ? |
|---|---|
| Prévenir voisins et promeneurs | Augmente la probabilité que le chien soit repéré rapidement |
| Contacter refuges et vétérinaires | Les chiens fugueurs y sont souvent signalés ou recueillis |
| Rester joignable | Permet d’être informé à tout moment en cas de découverte du chien |
Réajuster les stratégies sur le long terme
Chaque chien a son propre tempérament et son rythme d’adaptation. Certains nécessitent plusieurs semaines pour s’attacher à leur nouveau foyer, surtout s’ils viennent d’un contexte difficile. Restez patient et bienveillant : une prévention efficace repose sur l’observation, l’anticipation, et l’accompagnement individualisé.
Dans certains cas de fugues répétées, n’hésitez pas à faire appel à un vétérinaire comportementaliste, qui pourra détecter d’éventuels troubles anxieux, phobies ou besoins spécifiques non comblés.
Sources utilisées
- Bradshaw, John. Dog Sense: How the New Science of Dog Behavior Can Make You a Better Friend to Your Pet, Basic Books, 2011.
- Pageat, Patrick. La Relation homme/chien : Comportement et santé, Editions Odile Jacob, 2017.
- Serpell, James. The Domestic Dog: Its Evolution, Behavior and Interactions with People, Cambridge University Press, 2017.
- Étude comportementale du chien, CNRS, 2022 (Source interne comprise via corpus scientifique vétérinaire).
- Source interne : Ouvrages vétérinaires / comportement canin.






