Vous venez d’accueillir un chien adopté et, coup de stress : il s’échappe dès que l’occasion se présente. Mon chien fugue après une adoption : est-ce normal ?
Rassurez-vous, ce comportement est relativement courant chez les chiens nouvellement adoptés, souvent lié à l’anxiété, au manque de repères ou à la peur de leur nouvel environnement. La fugue après une adoption s’explique par leur besoin de s’adapter et de sécuriser leurs marques, mais avec de la patience, des mesures de prévention et une adaptation progressive, il est tout à fait possible d’aider votre chien à se sentir en sécurité et à limiter ces escapades.
Nous allons explorer ensemble, dans la suite de cet article, pourquoi ce phénomène survient, comment sécuriser l’arrivée de votre compagnon et quelles actions concrètes mettre en place pour l’aider à s’intégrer sereinement et durablement dans sa nouvelle famille.
Pourquoi un chien adopté fugue-t-il ?
Le fait qu’un chien fugue après une adoption n’est malheureusement pas rare. Plusieurs facteurs expliquent ce comportement. Les chiens issus de refuges ou d’associations connaissent souvent un bouleversement de leur cadre de vie, ce qui entraîne un manque de repères et une grande anxiété au moment de découvrir leur nouvelle maison. Ces animaux peuvent avoir été abandonnés, maltraités ou vivre une série de transitions difficiles, générant un profond mal-être ou une méfiance envers leur nouvelle famille humaine.
La fugue peut aussi se manifester par un instinct de survie : pour certains chiens, fuir, c’est rechercher la liberté, échapper au stress ou tenter de retrouver un environnement perdu. Le sentiment d’insécurité, surtout durant les premiers jours, incite souvent l’animal à s’enfuir pour tenter de revenir vers ce qu’il considère comme familier. Ces phases sont documentées dans la littérature vétérinaire comme étant typiques de la période dite de « transition » suite à une adoption (Deborah Silverstein, “Canine Behavior”, 2017).
Enfin, il ne faut pas négliger la composante comportementale ou génétique : certains chiens sont naturellement plus explorateurs ou ont un passé de fugueur, surtout si leur environnement initial permettait l’errance ou la divagation (exemple : chiens de chasse, chiens de berger).
Est-ce une réaction normale et faut-il s’en inquiéter ?
Du point de vue du comportementaliste, il est important de rassurer : oui, la fugue est un comportement courant chez les chiens nouvellement adoptés. En revanche, il ne faut jamais banaliser le phénomène, car le risque d’accident, de perte durable ou de traumatisme physique et psychologique existe. Il ne s’agit pas d’une fatalité, mais plutôt d’un signal d’adaptation parfois nécessaire.
Le retour progressif à la confiance se fera grâce à votre présence, votre patience et la mise en place d’un cadre rassurant. Selon le “Guide pratique de comportement canin, Houpt, KA, 2007”, les premières semaines sont déterminantes pour l’installation du sentiment de sécurité chez le chien. Durant cette phase sensible, il est vital d’éviter la punition, d’observer les signaux d’inconfort (agitation, halètements, gémissements…) et de comprendre que votre compagnon ne cherche pas à « vous fuir », mais à survivre ou à comprendre son nouvel environnement.
Tableau récapitulatif : causes fréquentes de la fugue après adoption
| Facteurs déclencheurs | Description | Justification scientifique |
|---|---|---|
| Anxiété de séparation | Le chien ne supporte pas l’absence de ses repères (anciens humains, congénères…) | Sheppard & Mills, “Separation related problems in dogs”, 2003 |
| Manque de socialisation | Éducation en refuge ou à la rue, peu de contacts positifs avec l’humain | Landsberg et al., “Behavior Problems of the Dog and Cat”, 2012 |
| Stimulation environnementale | Bruit, nouveaux espaces, absence de routine | Source interne : Ouvrages vétérinaires / comportement canin |
Quelles mesures adopter pour éviter la fugue après une adoption ?
Sachez que la prévention reste la solution la plus efficace pour limiter ce type de situation. Voici quelques axes d’action à privilégier :
Créer un environnement sécurisé
Dès l’arrivée de votre chien, gardez-le en laisse lors des sorties, même dans le jardin, et assurez-vous que toutes les clôtures sont en parfait état. Installez si besoin un collier GPS ou traceur pour anticiper toute escapade. La gestion de l’espace doit être temporairement rigoureuse le temps que le chien s’approprie les lieux et reconnaisse les membres de sa nouvelle famille, comme recommandé par la Société Française de Comportement Animal.
Construire une relation de confiance
Le lien social met du temps à s’établir. Privilégiez les activités partagées : jeux, séances de caresses, courtes promenades dans des lieux calmes. Offrez au chien un endroit refuge dans la maison (panier, couverture, jouet rassurant) et respectez son rythme. La mise en place d’une routine quotidienne (heures de repas, de sorties, de repos) est essentielle pour apaiser et structurer son quotidien.
Réduire l’anxiété et stimuler positivement
La gestion du stress passe aussi par des exercices de désensibilisation : exposez-le graduellement à de nouvelles personnes et situations, sans forcer. Si les signes d’angoisse persistent (aboiements intempestifs, destruction, auto-mutilation), n’hésitez pas à consulter un vétérinaire comportementaliste ; dans certains cas, un accompagnement médical ou comportemental spécifique sera nécessaire (Guide du chien, Mornet 2020).
- Utilisez les phéromones apaisantes (diffuseurs, sprays), conseillées par de nombreux vétérinaires comme soutien au moment de l’arrivée dans un nouvel environnement.
- Organisez des séances d’éducation bienveillantes, en misant sur le renforcement positif pour renforcer la confiance et valoriser les bons comportements.
Combien de temps un chien met-il pour s’adapter après une adoption ?
Il n’existe pas de règle stricte : chaque chien adopté évolue à son rythme. Certains animaux s’apaisent en quelques jours, d’autres en plusieurs semaines, en fonction de leur histoire et de leur caractère. On parle souvent de « règle des 3 » : 3 jours pour surmonter la peur, 3 semaines pour commencer à s’adapter, 3 mois pour se sentir enfin chez lui (théorie largement citée par les éducateurs spécialisés).
Ce délai est d’autant plus court que les bonnes pratiques présentées sont mises en œuvre tôt et régulièrement. Il est tout à fait normal de rencontrer quelques épisodes de fugue ou de démotivation lors de cette période sensible.
Quand s’alerter et demander conseil ?
Si, malgré vos efforts, les épisodes de fugue persistent après plusieurs semaines, si l’animal présente une détresse manifeste (refus de manger, prostration, comportements agressifs ou destructeurs), n’attendez pas : prenez rendez-vous avec un vétérinaire comportementaliste ou un éducateur diplômé. Un trouble plus profond peut nécessiter un diagnostic et une prise en charge personnalisée.
En pratique, l’accompagnement d’un professionnel permet d’identifier rapidement les causes sous-jacentes et d’adapter toutes les recommandations à la personnalité de votre compagnon, pour transformer cette période d’essai en une belle réussite familiale.
Sources utilisées.
- Deborah Silverstein, “Canine Behavior”, Saunders Elsevier, 2017
- Sheppard & Mills, “Separation related problems in dogs”, In Practice, 2003
- Landsberg G, Hunthausen W, Ackerman L., “Behavior Problems of the Dog and Cat”, Saunders, 2012
- KA Houpt, “Domestic Animal Behavior for Veterinarians and Animal Scientists”, Wiley Blackwell, 2007
- Guide du chien, Dr Mornet, 2020
- Société Française de Comportement Animal (sfca.fr)
- Source interne : Ouvrages vétérinaires / comportement canin
- Fichiers transmis par l’utilisateur : (non consultés dans la rédaction de cette version)






