Comment apprendre le rappel à un chien fugueur efficacement


Voir son chien s’enfuir dès qu’on lui ôte la laisse, ignorer nos appels et disparaître au loin est une source de stress majeure pour de nombreux maîtres.





La clé pour enseigner le rappel à un chien fugueur est d’utiliser des méthodes positives et progressives, fondées sur la motivation et la récompense, tout en gérant la sécurité et l’environnement dès le début de l’apprentissage. Il est essentiel de rendre le retour au maître plus intéressant que toutes les distractions extérieures, et de pratiquer régulièrement dans des contextes variés pour garantir la fiabilité du rappel. Grâce à des consignes claires, de la patience et une stratégie adaptée, vous pouvez réellement transformer la relation de votre chien avec le rappel.





Dans la suite de cet article, nous vous dévoilerons étape par étape comment faire revenir même un chien très fugueur, en alliant techniques pratiques, conseils d’expert et astuces concrètes.






Comprendre la fugue chez le chien : pourquoi le rappel est-il si compliqué ?




Lorsqu’un chien fugueur ne répond pas au rappel, ce n’est jamais un simple défaut d’obéissance. Plusieurs causes peuvent motiver son éloignement : instincts de chasse, peur, ennui, ou même simple curiosité. L’environnement extérieur regorge de stimuli qui sollicitent son intelligence et ses sens, souvent bien plus qu’un simple retour vers son maître. Comprendre ces éléments est déjà une étape clé pour adapter son approche éducative.




Selon de nombreux travaux en comportement canin (ex. “The Domestic Dog” de J. Serpell, 2016), le retour au rappel n’est naturel pour aucun chien : il faut donc créer, par la répétition et la motivation, une habitude d’écoute même dans les situations à risque.



Poser les bases du rappel chez un chien fugueur



Réinventer l’image du rappel : avant tout, motiver



Avant d’espérer un rappel fiable en extérieur, la première étape consiste à rendre ce signal irrésistible aux yeux du chien. Pour un chien fugueur, le retour doit toujours rimer avec plaisir : récompenses alimentaires exceptionnelles (ex. morceaux de fromages, friandises très appétentes), sessions de jeu, ou toute interaction affective qu’il adore.




En pratique :


  • Évitez de rappeler uniquement pour des événements désagréables (fin de balade, punition, etc.), afin que votre chien n’associe pas le rappel à une frustration.

  • Privilégiez toujours le renforcement positif dès le moindre progrès : chaque retour, même hésitant, doit être survalorisé.





Selon le Dr. Ian Dunbar, vétérinaire comportementaliste, l’enthousiasme du maître et la cohérence des récompenses sont des moteurs puissants dans l’apprentissage du rappel.



Commencer dans un environnement contrôlé



Les premières étapes se déroulent impérativement dans un espace clos et sécurisé (jardin clos, longe de 10–20 mètres, parc calme). Il est crucial d’exclure tous risques de fugue afin de protéger l’animal… et de vous donner le temps de perfectionner la technique.




Encouragez votre chien à venir, d’abord sans distraction, puis en introduisant progressivement des éléments perturbateurs (bruits, autres chiens, odeurs…).



Étapes détaillées pour apprendre le rappel à un chien fugueur



1. Utiliser un mot de rappel unique et positif



Choisissez un mot clair et court (“Ici !”, “Viens !”, sifflet…). Il doit être réservé uniquement à cet usage pour conserver toute sa valeur. Si le mot actuel est “usé” par des échecs répétés, changez-en.




Pratiquez sur de courtes distances, puis augmentez la difficulté très progressivement.



2. Le jeu du va-et-vient : rééduquer la connexion



À deux personnes, appelez le chien à tour de rôle, récompensez-le richement à chaque fois. Ce jeu renforce les liens et favorise la réactivité. Cela rend l’exercice amusant, tout en multipliant les occasions de récompenser l’effort.



3. Gérer la longe pour sécuriser l’apprentissage



La longe (10 à 20 mètres) est la meilleure alliée du maître face à un chien fugueur. Elle permet de garantir la sécurité du chien pendant la rééducation, de corriger en douceur les éloignements non désirés et d’insister sur le retour.



  • Ne jamais tirer violemment sur la longe : il doit s’agir d’un outil d’accompagnement, pas de coercition.




L’utilisation correcte de la longe est abordée dans de nombreux manuels d’éducation positive, par exemple “Mon chien a de l’éducation” de E. Bouchard, 2018.



4. Généraliser le rappel



Une fois fiable dans le calme, répétez l’exercice dans des environnements de plus en plus stimulants : parcs fréquentés, présence d’enfants, autres animaux… Il s’agit de “généraliser” et d’automatiser le comportement, comme le préconisent les experts en éducation canine.




À chaque nouvelle étape franchie, renouez avec la plus-value de la récompense.



Comment gérer les faiblesses et les échecs ?



“Il ne revient pas !” : Analyse et correction



Si la fugue persiste pendant l’entraînement, analysez les circonstances : était-ce trop difficile, trop stimulant, ou votre rappel trop terne ? Revenez à l’étape précédente. N’augmentez jamais la complexité si le rappel n’est pas fiable à 95 % sur la difficulté inférieure.




Surtout, ne punissez jamais un chien qui revient… même si vous avez dû attendre longtemps. Tout retour spontané doit rester source de joie pour lui.



Renforcer la relation maître-chien




Un chien fugueur revient plus volontiers vers un maître considéré comme “source de bonnes choses” et de sécurité. Les experts recommandent de multiplier les activités ludiques communes (pistage, randonnées, jeux d’intelligence, clicker training…) pour renforcer le plaisir d’être ensemble et améliorer l’écoute globale.



Tableau récapitulatif : Les étapes pour un rappel fiable chez le chien fugueur





























ÉtapeObjectifConseils clés
Créer la motivationAssocier le rappel à une expérience ultra-agréableRécompenses irrésistibles, pas de rappel négatif
Entraîner sans distractionsAcquérir le signal de rappel en sécuritéLonge, jardin clos, progression douce
GénéraliserTransposer le rappel à des environnements variésAjout progressif de stimuli
Rebondir sur les échecsNe jamais punir, revoir le niveauAnalyser, revenir en arrière si besoin


Conseils pratiques et erreurs à éviter





  • Variez les récompenses pour éviter la lassitude. Une friandise exceptionnelle (ex : morceau de poulet, fromage, etc.) est plus motivante qu’un simple biscuit industriel.


  • Ne rappelez jamais pour gronder. Un chien doit revenir parce que c’est synonyme de fête, pas de réprimande.


  • Pensez à votre posture et à votre voix : accroupissez-vous, ouvrez les bras, rendez-vous réjouissant en toute circonstance.




Études et éthologues s’accordent sur l’importance du “renforcement positif” (American Veterinary Society of Animal Behavior, position statement, 2021) : une éducation basée sur la bienveillance et la récompense favorise des apprentissages durables, même chez les chiens les plus fugueurs.



Pour aller plus loin : outils complémentaires et accompagnement



Si malgré tout, le rappel reste laborieux, l’aide d’un éducateur comportementaliste canin est précieuse. Le professionnel pourra observer les causes de la fugue et proposer un protocole personnalisé. L’usage du sifflet ou du clicker peut, pour certains chiens, améliorer fortement la réactivité au rappel.




Sources utilisées



  • Source interne : Ouvrages vétérinaires / comportement canin

  • Serpell J. (2016). The Domestic Dog: Its Evolution, Behavior and Interactions with People. Cambridge University Press.

  • Dunbar, I. (2009). Before and After Getting Your Puppy: The Positive Approach to Raising a Happy, Healthy, and Well-Behaved Dog.

  • Bouchard, E. (2018). Mon chien a de l’éducation. Editions du Chêne.

  • American Veterinary Society of Animal Behavior, Position statement on the use of punishment for behavior modification in animals, 2021.


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